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Militantisme

Lexique du vocabulaire et des idées reçues sur l’homosexualité et la transidentité

Nous sommes le 17 mai 2019. Aujourd’hui c’est la journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. À cette occasion, j’ai eu envie de partager un petit lexique absolument non-exhaustif du vocabulaire et des idées reçues propres à l’homosexualité et la transidentité :

  • Le terme « cis » est la contraction de « cisgenre » qui signifie que la personne dont vous parlez se ressent et s’identifie comme étant du même genre que le sexe qu’on lui a assigné à la naissance. Ce mot est construit en opposition à « transgenre ». Considérer qu’une femme ou un homme puisse être « biologique », c’est considérer qu’il y a une normalité et des déviances.
  • Oui « Transsexuel » est un terme qu’il vaut mieux éviter d’utiliser. Déjà car étymologiquement la sexualité et le genre sont deux enjeux différents mais surtout parce que la « transsexualité » est un terme qui nous vient de la psychiatrie, à l’époque (pas si lointaine, vue qu’elle a moins de 10 ans) où cet état de fait était encore considéré comme une pathologie ! On préfèrera alors utiliser les termes « transgenre », « transidentitaire » ou simplement « trans’».
  • Désormais le terme « transsexualité » a été remplacé par la dénomination « dysphorie de genre » (« inadéquation ressentie entre le sexe assigné et le genre, entraînant une perturbation de l’humeur ») dans le DSM (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). À noter néanmoins qu’être transgenre est un ressenti personnel et ne signifie pas nécessairement vivre une dysphorie de genre qui elle, est un état de mal-être. De même, il est possible de voir la dysphorie de genre s’atténuer voire disparaître en cours de transition.
  • Non, l’homophobie ça n’est pas quelque chose de dépassé. Selon le rapport annuel communiqué en 2018 par SOS homophobie, les agressions homophobes en France ont connu près de 20 % d’augmentation. Quant aux agressions transphobes, les records explosent avec une augmentation de 53 % des agressions recensées.
  • Oui, l’écriture inclusive est importante. Que ce soit dans la lutte contre le sexisme, l’homophobie ou la transphobie, si l’on ne commence pas par modifier nos mots alors comment espérer venir à bout de l’invisibilisation et l’intolérance ? Qu’il s’agisse de la féminisation des termes, des pronoms inclusifs (iel, æl,celleux…) ou neutres (ul, ol…), le langage est la base d’une civilisation et de ses changements sociétaux.
  • Oui, le « féminin » est une entité et non pas une identité. Non, le « féminin sacré » n’est pas réservé aux femmes cisgenres ni réservé aux femmes tout court, d’ailleurs. De la même manière, le « masculin sacré » n’est pas réservé aux hommes. Il s’agit de concepts spirituels qui contiennent des notions et énergies différentes et inter-dépendantes pouvant être partagées par chacun•e.
  • S’identifier comme « non-binaire » ou « gender fluid » n’a rien à voir avec un programme informatique. Il s’agit seulement de se reconnaître comme n’étant pas strictement une femme ou strictement un homme, cela peut être se sentir un mélange des deux, neutre ou d’une identité de genre alternative.
  • La « pansexualité » (du préfixe grec « pan » : tout), elle, représente la possible attirance affective et/ou sexuelle pour une personne, quelles que soit ses caractéristiques sexuelles ou de genre.
  • Non, le rose n’est pas « pour les filles » et le bleu « pour les garçons » et non, l’expression / l’apparence de genre ne défini ni le genre ressenti ni la sexualité de quelqu’un. En résumé, une femme cisgenre et hétérosexuelle peut s’habiller de manière reconnue comme « masculine » aux yeux de la société et un homme cisgenre hétérosexuel peut porter une jupe, sans pour autant que le monde n’explose.
  • Non, les règles ne sont pas « une affaire de femmes » mais bien un phénomène biologique concernant les personnes menstruées.
  • Non, le terme « Queer » n’est pas que le titre d’une chouette émission sur Netflix ! À l’origine, il s’agit même d’un terme insultant soulignant l’étrangeté des personnes homosexuelles ou transgenres. Résultat de la ré-appropriation populaire, il est utilisé aujourd’hui pour définir les personnes qui « s’identifient à une identité de genre ou une orientation sexuelle qui n’est pas conforme aux normes sociales » ou les personnes qui « refusent d’être étiquetées selon le critère de leur orientation sexuelle et/ou leur identité de genre. »

Pour aller plus loin…

Page de vocabulaire et définitions par SOS homophobie.

« Guide pratique de lutte contre l’homophobie et la transphobie » par SOS homophobie.

« Rapport annuel contre l’homophobie et la transphobie » par SOS homophobie.

Cyclique t’explique pourquoi les règles ne sont pas « une affaire de meufs »

Source de la photographie illustrant cet article, Matt Bernstein.

Le livre « on ne choisit pas qui on aime » de Marie-Clémence Bordet Nicaise

« Les amoureuses des bancs publics » réalisé par Clara Poudevigne, chanté par Emma Oscar.

Thérapeute formée en naturopathie, en psycho-énergétique et licenciée de psychologie, j'exerce en tant que praticienne et conférencière depuis octobre 2014. Sorcière moderne et militante féministe, mon travail s'oriente essentiellement autour de l'accompagnement de toutes les femmes, de la santé au naturel, de la prise en charge des victimes de violences sexuelles et sexistes, du bien-être menstruel, de la créativité ainsi que des minéraux comme outils thérapeutiques.

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