Naturopathie

5 conseils Naturo pour un été agréable.

Les volets sont clos, la lumière éteinte et nous sommes vêtu•e le plus légèrement possible. Nous gisons sur le canapé avec la seule compagnie du ventilateur à notre gauche et d’une bouteille d’eau vaguement tiède sur notre droite. Bref : nous sommes en plein milieu d’une vague de canicule et comme chaque année, cette période semble absolument insupportable.

Selon la définition de Météo France : la canicule est un phénomène de plusieurs jours durant lesquels les températures sont fortement élevées, de jour comme de nuit.

La naturopathie n’est pas miraculeuse. Elle ne causera pas d’orage salvateur, ne fera pas baisser la température d’une 20aine de degrés et n’installera pas la climatisation. Néanmoins, elle regorge d’astuces qui permettent de rendre ces quelques jours un peu plus agréables !


Nb : Lorsqu’il fait très chaud, pensons également aux animaux ! Il est possible de disposer plusieurs bols d’eau à l’extérieur, pour les oiseaux et les insectes. Dans notre foyer, laissons quelques tissus humides au sol à nos compagnons à 4 pattes. De temps en temps, passons leur un linge frais (pas glacé!) sur le pelage et sur les coussinets.



1. L’hydrolat de menthe


L’hydrolat est un extrait liquide d’une plante, chargé en actifs. On l’obtient lors de la phase de refroidissement suivant le processus de distillation. La forte chaleur ayant entraîné de la vapeur, celle-ci revient à l’état liquide. Il y a alors récupération de l’huile essentielle de la plante, l’eau florale restante constitue l’hydrolat.

Si l’hydrolat est intéressant c’est parce qu’il contient tous les bienfaits de la plante de façon condensée mais en beaucoup plus doux qu’une huile essentielle. On l’utilise alors pur ou très peu dilué, selon sa nature et son utilisation.


Point chimie : La menthe et ses dérivés contiennent un composé chimique intéressant que l’on appelle le menthol. Cet élément a en effet la particularité de s’accrocher aux capteurs cutanés et gustatifs responsables de ressentir le froid. De ce fait, il les active et par cette action envoi un message au cerveau qui, instantanément enregistre une sensation de fraîcheur.


Conseils d’utilisation

Menthe
  1. Munissez vous d’un vaporisateur vide d’une contenance de 50cl.
  2. Mélangez-y environ 40cl d’hydrolat de menthe et 10cl d’eau.
  3. Stocker au réfrigérateur.

Vous pouvez désormais utiliser ce vaporisateur lors de périodes de grosses chaleurs sur le visage et tout le corps, de la même manière que l’on utiliserai un brumisateur. Cette préparation est utilisable tout au long de l’année notamment sur le visage le matin afin de réveiller et tonifier la peau !


2. Eaux infusées et thés chauds


Lorsqu’il fait très chaud, il est conseillé de boire de petites quantités tout au long de la journée. La recommandation est de 1,5 à 2 litres d’eau par jour afin de maintenir un taux d’hydratation correct dans notre corps. Mais attention, l’on déconseille néanmoins les boissons trop sucrées !

Pourquoi ? Simplement car leur teneur en calories stimule l’estomac et la digestion. En boire toute la journée revient donc à constamment relancer un bol digestif. Ce faisant, nous empêchons le corps de se reposer. La sensation de fraîcheur obtenue en buvant une de ces boisson sera alors superficielle et de courte durée. Les ressources énergétiques du corps se mobilisent sur la question de la digestion et délaissent la régulation de la température.


Les eaux infusées


Pour se donner envie de boire et palier aux boissons industrielles, ayons recours aux eaux infusées. Quelques morceaux de fruits et/ou de légumes dans une grande carafe, quelques heures au réfrigérateur et l’on obtient une boisson rafraichissante, saine et personnalisée !

Ma recette préférée : quelques tranches de concombre, deux rondelles de citron et une cuillère à café de gel d’aloe vera.

Cette association réunit tout ce qui est nécessaire à l’été. La sensation de fraîcheur, un goût frais un peu acidulé et une hydratation renforcée grâce à l’aloe vera !

Ces eaux sont déclinables à l’infini selon les goûts et possibilités de chacun•e. Elles peuvent également être réalisées avec de l’eau de coco, pour une touche un peu plus sucrée et pleine de propriétés ressourçantes.


Thé citron

Les bienfaits d’une boisson chaude en pleine chaleur


Boire frais durant une vague de chaleur est agréable, c’est indéniable ! Mais le côté un peu moins réjouissant c’est que cette action envoi également un signal erroné au cerveau. Celui que la température extérieure redescend. Notre corps va donc grandement diminuer les procédés de sudations. Or, c’est grâce à la transpiration que notre chaleur interne est régulée.

Il est donc bénéfique de boire de la tisane ou du thé chaud plusieurs fois dans la journée. Même pendant la canicule. Certes, cela ne sera pas satisfaisant comme l’aurait été un diabolo-fraise mais sur la durée, cela permettra à l’organisme de mieux supporter la chaleur et de moins se fatiguer.


3. Soulager ses jambes et son coeur


Définition


Avoir les jambes lourdes ou gonflées est la conséquence de la gravité et d’une stagnation du sang dans les veines des membres inférieurs. C’est également ce que l’on peut appeler un dysfonctionnement du retour veineux. Cela touche principalement les femmes mais reste un symptôme plutôt aléatoire pouvant être lot de tou•te•s !

Si l’été est un facteur aggravant de ce symptôme c’est parce que la chaleur a un effet vasodilatateur. C’est à dire un effet de dilatation des veines. Désormais plus grosses, elles s’engorgent de sang. Les valvules du coeur, responsables dudit retour veineux peinent alors à assurer leur rôle.


Conséquences


Chez certaines personnes (notamment dans le cas des personnes âgées et des femmes enceintes) les retombées peuvent être très importantes. Ce phénomène n’a peut-être rien de dramatique pour la majorité de celleux qui sont concerné•e•s mais cela reste quand même désagréable et participe à installer une fatigue chronique.

La conséquence la plus évidente est la sensation d’avoir littéralement les jambes lourdes. Les déplacements deviennent pénibles voire douloureux et les mouvements sont globalement ralentis. Néanmoins, l’impact est également interne. En effet, le sang peinant à circuler, le coeur accélère et accentue son système de pompe. Or, par ordre de priorité, c’est au coeur que les ressources énergétiques du corps vont en premier. Les ressentis physiques risquent donc d’être accompagnés par une sensation de grande fatigue et donc, une difficulté à réguler la température du corps.

Ici, si l’on considère que la chaleur cause fatigue, ralentissement et une mauvaise circulation, qui elle-même cause fatigue, ralentissement et difficulté à supporter la chaleur, pas étonnant de finir amorphe devant un ventilateur à espérer que la pluie tombe rapidement !


Jambes lourdes et aromathérapie

  • Macérât huileux d’arnica (20ml)
  • Huile essentielle de menthe poivrée (5 gouttes)
  • Huile essentielle de cèdre de l’Atlas (5 gouttes)


Mélanger tous les éléments dans un contenant (opaque de préférence pour la conservation) et appliquer une à trois fois par jour en massage sur les jambes dans un mouvement circulaire allant de bas en haut, des orteils vers les genoux. À conserver dans un endroit frais à froid et à l’abri de la lumière.

Le macérât huileux d’arnica et l’huile essentielle de cèdre de l’Atlas, du fait de leurs teneurs en carbures sesquiterpéniques auront une action circulatoire, anti-inflammatoire, anti-coagulante et décongestionnante. L’huile essentielle de menthe poivrée, elle, du fait de sa teneur en menthol, aura un effet de froid instantané et permettra la rétractation des veines.

Attention : l’huile essentielle de cèdre de l’Atlas fait partie des huiles essentielles dites « oestrogène-like » c’est-à-dire pouvant déréguler les mouvements hormonaux. Son utilisation sans un avis médical est donc fortement déconseillée aux femmes enceintes, aux personnes souffrant de pathologies hormonales ou d’un cancer du sein (y compris en rémission ou suspecté) .


4. Méthode des « bains dérivatifs »


Définition


Le Bain dérivatif est une technique qui consiste à rétablir la fraîcheur du périnée, comme chez tous les mammifères. Cette fraicheur au périnée à une influence directe sur la musculature du périnée et de tout ce qui l’avoisine. Elle a une action immédiate sur la motilité de l’intestin et par conséquent sur celle du fascia qui transporte nos graisses ainsi que sur l’appareil génital et la régulation hormonale. Cette fraicheur a un rôle anti-inflammatoire puissant sur tout le corps.

France Guillain dans son livre « Le bain dérivatif », 1994.


Pratiqué traditionnellement depuis des milliers d’années et remis au goût du jour par France Guillain dans les années 1990, la méthode du bain dérivatif consiste à rafraîchir la zone périnéale par apposition d’une source de froid.


Conseils d’utilisation


L’utilisation peut se faire de plusieurs manières :

  • Par l’application d’un linge humide et froid (idéalement sorti du réfrigérateur) (serviette périodique lavable, gant de toilette, tissus replié…) directement en contact avec la zone du périnée.
  • Grâce à des poches de gel adaptées, à conserver au congélateur et à envelopper dans leur housse de protection en tissus avant utilisation.
  • En remplissant une petite bouteille d’eau puis en la congelant et en l’enveloppant de plusieurs épaisseurs de tissus secs (afin d’éviter que le froid intense n’agresse la peau) au moment de s’en servir.


La méthode est à choisir en fonction du contexte et des besoins pratiques de chacun•e ! Là où un tissus frais pourra être placé dans la culotte et utilisé lors d’un déplacement, la bouteille d’eau se révèlera nettement plus encombrante. Néanmoins pour une utilisation à la maison, elle sera sans aucun doute la solution la plus économique.

Il est conseillé de bien se couvrir le reste du corps afin de ne pas avoir froid durant le temps du bain dérivatif.


Fréquence


Pas de pression, les bains dérivatifs sont considérés comme une méthode douce et n’ont aucune posologie stricte d’établie : cela peut-être à fréquence régulière, chaque jour, chaque semaine etc comme cela peut-être au moment/à la période où l’on en ressent le besoin.

La seule consigne à respecter sera de penser à retirer le linge, la poche ou tout autre accessoire utilisé à ces fins dés que cellui-ci se sera réchauffé•e, au risque d’obtenir l’effet inverse.

Il est également recommandé, lors des premières fois, d’augmenter progressivement la durée d’utilisation : d’abord 30 minutes, puis 1h, puis 2h etc.


Bienfaits

  • Régulation de la température du corps et sensation de fraîcheur.
  • Activation de la circulation sanguine et lympathique : diminution de la sensation de jambes lourdes et réduction de la rétention d’eau.
  • Aide à faire baisser la fièvre.
  • Action anti-inflammatoire et boostante du système immunitaire.
  • Améliore la tonicité du périnée (voir cet article pour comprendre les enjeux d’un périnée tonique).
  • Aide à l’apaisement des douleurs menstruelles.
  • Participe à réguler les mouvements hormonaux.


« Hors de question, je suis trop frileu•se•x ! »


 « Ne confondez pas température interne et sensation de chaud et de froid. Une personne qui a de la température a très froid, elle peut même grelotter. Une personne frileuse a forcément une température interne trop élevée, ce qui la rend sensible aux variations de températures extérieures. Quand la température interne a baissé, la personne n’est plus frileuse. »

France Guillain, « Le bain dérivatif », 1994.

5. Adapter son alimentation

Fruits

  • Privilégier les aliments à fort pouvoir hydratant (pastèque, concombre, tomate, laitue, céleri, radis, poivron, melon, agrumes…).
  • Manger froid oui, mais veiller à conserver des apports suffisants : ajoutez du lait végétal dans les smoothies, des purées d’oléagineux dans les gaspachos, pensez aux graines et aux noix, accompagnez votre repas d’un morceau de pain complet…

    En effet, les fortes chaleurs ont tendance à nous couper l’appétit et nous donner envie de ne plus consommer que des menu frais et léger. Or, l’organisme, déjà soumis à la pression de la température, a besoin d’apports suffisants et de ressources énergétiques pour assurer son bon fonctionnement et mieux supporter la période chaude.
  • En profiter pour varier les recettes, histoire de voir le bon côté des choses : pastèque grillée, crème d’avocat, porridges salés, riz noir aux grains de grenades, tofu lacto-fermenté (cette variété de tofu a un goût légèrement acide qui rappelle la feta) dans les salades, gaspacho au concombre, poivron vert et menthe, figues et aubergines grillées au miso et huile de sésame…
  • Se faire plaisir avec des glaces mais pas trop ! Le choc thermique causé par les aliments glacés peut-être très violent pour l’estomac si celui-ci est répété.

Thérapeute formée en naturopathie et licenciée de psychologie, j'exerce en tant que praticienne et conférencière depuis octobre 2014. Sorcière moderne et militante féministe, mon travail s'oriente essentiellement autour de l'accompagnement de toutes les femmes, de la prise en charge des victimes de violences sexuelles et sexistes, de la santé au naturel, du bien-être menstruel et questionnements des personnes menstruées, de la créativité ainsi que des minéraux comme outils thérapeutiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.