Sorcellerie

Yule, sabbat du solstice d’hiver.

Étymologiquement parlant…


Selon l’OED (Oxford English Dictionnary), le terme « Yule » provient du vieil anglais « geól » et fait référence à la période de Noël et ses célébrations. C’est une fête païenne commune aux folklores nordiques et germaniques et sous une autre forme, un des principaux sabbat de la Wicca.

Du point de vue de l’astronomie, elle correspond à la nuit la plus longue de l’année : le solstice d’hiver.

Solstice est un mot issu du latin « Solstitium ». Ce terme se compose de trois parties : « Sòl » pour le Soleil, « status » pour la notion de stabilité et « -ium », suffixe utilisé pour créer des substantifs, des « mots relatifs à ».

Par définition, le solstice est donc un temps durant lequel, vis à vis de la terre, la place du soleil semble figée. Il demeure stable, à son apogée (le plus proche) le 21 juin, lors du solstice d’été et à son périgée (le plus loin) le 21 décembre, lors du solstice d’hiver.

Yule, une fête solaire ?


Symboliquement, c’est un moment de partage important, de gratitude et de solidarité. Lors des fêtes de Yule on se réunit, on prépare un bon repas, on décore son logis et on échange avec les personnes qui nous sont chères.

C’est la dernière fête « froide » du cycle et les traditions sont ancrées dans cette idée d’invoquer la lumière et de repousser l’ombre.

Paradoxalement au fait que Yule ait lieu fin décembre, on peut donc parler d’une des fêtes païennes les plus solaire.

Fête des « mères de l’Hiver »


Dans sa symbolique, on y célèbre principalement celleux que l’on aime, nos proches, celleux qui nous inspirent. Mais c’est également une belle occasion de mettre en avant les Déesses et Mères de l’hiver, ces figures qui nous accompagnent durant toute la période sombre, nous apportant force, courage et chaleur intérieure. Parmi celles-ci :

– Frigga, troisième visage de la triple déesse, gardienne de l’hiver dans la tradition norvégienne

– Holda, mère de toutes les mères, figure du froid et déesse germanique de Noël.

– Cailleach, déesse gaélique également connue sous le nom de « Reine des neiges » : elle garde les cerfs et préserve le froid grâce à son bâton qui glace le sol.

– Skadi, déesse géante des montagnes et protectrice de l’hiver dans la tradition scandinave.

– Befana, sorcière des traditions italiennes apportant des sucreries la nuit de Noël et Babouchka, son équivalent russe.

Notons que dans le Panthéon celtique, le froid n’appartient pas au féminin mais à Cernunnos, également appelé « grand cornu » , maître de vie et de mort, dieu des forêts et seigneur de l’hiver.


L’oracle Viking par Stacey Demarco et Jimmy Manton, aux éditions Vega.

Fêtes des fous et du désordre

Lors du solstice d’hiver, la coutume veut que tout le monde s’amuse, que le repas soit démesuré, que le foyer soit parfaitement décoré, que de nombreuses sources de lumière illuminent la pièce et que de nombreuses boissons chaudes (généralement alcoolisées) soient servies.

Yule, aux éditions alliance magique

« Autrefois, de nombreuses fêtes du solstice d’hiver comprenaient de la danse, des festins et des réjouissances qui pour la plupart n’étaient pas du tout du goût de l’Église. Collectivement, les évènements tapageurs qui avaient lieu autour du solstice étaient souvent appelés « Fêtes des Fous ». Le peuple essayait probablement en ces occasions d’échapper à la règle de fer de l’Église. En Angleterre, on a fini par désigner un « seigneur du désordre » parmi les seigneurs et les nobles locaux, et par lui confier la surveillance des festivités, pour s’assurer qu’elles n’aillent pas trop loin. Ces évènements (aussi appelés « désordres ») comprenaient toutes sortes de choses, des fêtes endiablées à des festins gargantuesques et à des parodies de cérémonies religieuses, toujours avec un air de sacrilège, de satire et de chaos à peine contrôlé. »

Extrait du livre « Yule » de Susan Pesznecker aux éditions Danaé.


Correspondances lié•e•s à Yule :


Couleurs


Pour cette célébration les couleurs sont profondes, pleines de reflets et de dimensions différentes. Le rouge et le vert qui ne sont pas sans rappeler le symbole du houx et de la nature. Le blanc qui se rapporte à la neige et au froid. Le bleu foncé qui symbolise la nuit et le bleu clair, symbole de la glace. Également les couleurs métallisées comme le doré et l’argenté qui apportent la lumière.


Nature

  • Branchages ou feuilles tombées.
  • Le bois de chêne et de frêne.
  • Le pommes de pain.
  • Le houx.
  • Les plantes persistantes : pin, sapin, cèdre…
  • Les fruits acidulés : orange, citron, pomme…
  • Les épices : anis, badiane, cannelle, girofle, muscade…


Minéraux

Aigue-marine, source : mindat.org
  • Cristal de roche
  • Lapis-lazuli
  • Dumortierite
  • Iolite
  • Aigue-marine
  • Apatite
  • Amazonite
  • Quartz à inclusions de rutile
  • Larimar


Énergies


Lors du sabbat de Yule, l’on célèbre la joie, la lumière. On développe son intuition, sa créativité, son calme, son ouverture à sa spiritualité et aux connexions entre les mondes. On apprend à parler de soi, de ses émotions, à écouter les autres, on s’entoure de beaucoup de partage et de gratitude.

Mais c’est aussi un temps introspectif, pour faire le bilan de l’année passée. On y rédige nos victoires, nos apprentissages, nos leçons apprises. C’est le moment de matérialiser de nouveaux rêves et de construire de nouveaux projets.

Lors des fêtes de Yule, l’accent est mis sur la création et la fabrication à destination d’autrui. En opposition à Samhain où les rituels étaient majoritairement tournés vers soi et vers nos défunts, ici on cherche, on créer ce qui fera plaisir, accompagnera ou protégera nos proches durant les mois à venir.

À noter également, que les périodes de Yule sont particulièrement propices aux travaux magiques et à la divination. 


Dans la cuisine d’une sorcière :


Idées de recettes :

  • Pain d’épices.
  • Ragoût de légumes anciens (panais, topinambours, carottes…)
  • Bourguignon végétal.
  • Tous les plats en sauce mijotés et réconfortants.
  • Biscuits décorés.
  • Potage à la courge, aux marrons et à l’huile de noisette.
  • Plats ou accompagnements aux truffes.
  • Champignons en persillade.
  • Chocolat chaud à la cannelle.
  • Vin chaud aux épices et aux écorces d’orange.



Jus de pommes chaud :


– 1 litre de jus de pommes (idéalement non filtré)

– 2 bâtons de cannelle

– 1/2 cuil à café de poivre

– 4 clous de girofle

– 1 cuil à café bombée de noix de muscade rapée ou en poudre

– 2 ou 3 petites pommes

– 2 clémentines

– Une poignée de kumquats, de raisins secs et de canneberges fraiches.

– Un trait de Brandy, de Calvados ou autre liqueur de pomme (optionnel)

Mettez tous les ingrédients dans une casserole et faites frémir en remuant de temps en temps, baisser à feu très doux et poursuivre jusqu’à ce que la peau des pommes craque.

Filtrer et boire bien chaud.


 Traditionnellement, le jus de pommes chaud se boit en famille, entre ami•e•s ou entre voisin•e•s, bien emmitouflé•e•s, sous un pommier ou autre arbre fruitier pour la prospérité de l’année qui vient.


Pour aller plus loin…

  • Vae Bataille, les préparatifs de Yule.


Vae est une sorcière moderne de Montréal, dont j’aime tout particulièrement le travail, que ce soit sur le plan de l’esthétique ou des contenus !

Thérapeute formée en naturopathie et licenciée de psychologie, j'exerce en tant que praticienne et conférencière depuis octobre 2014. Sorcière moderne et militante féministe, mon travail s'oriente essentiellement autour de l'accompagnement de toutes les femmes, de la prise en charge des victimes de violences sexuelles et sexistes, de la santé au naturel, du bien-être menstruel et questionnements des personnes menstruées, de la créativité ainsi que des minéraux comme outils thérapeutiques.

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